Stephan van Vuren

Évaluation des risques des opérations spécifiques pour les opérateurs de drones

Une télécommande DJI avec l’application Ground Control d’AirHub

Qu’est-ce qu’une analyse des risques SORA et comment peut-elle vous aider à mettre en place un manuel d’exploitation pour votre opération de drone dans la catégorie spécifique ?

L’évaluation des risques pour les opérations spécifiques (#SORA) a été développée par JARUS (les autorités conjointes pour l’élaboration de règles concernant les systèmes sans pilote) afin de fournir aux exploitants de drones une méthodologie d’évaluation des risques requise pour demander une autorisation d’exploiter un système aérien sans pilote (#UAS) dans la catégorie spécifique.

La SORA propose des barrières de risque pour empêcher l’opération de devenir incontrôlable et fournit des barrières de réduction des dommages au cas où l’opération deviendrait incontrôlable (par ex. un plan d’intervention d’urgence). Le processus SORA commence par la définition, par l’exploitant, d’un volume opérationnel dans lequel se déroule l’opération de drone. Ce volume opérationnel est lié à l’espace aérien adjacent et à la zone environnante au sol. La SORA comprend à la fois un modèle de risque au sol et un modèle de risque aérien afin de déterminer les risques pour la zone environnante et l’espace aérien adjacent, et de proposer des mesures d’atténuation pouvant réduire ces risques.

La SORA fournit aux exploitants de drones la méthodologie d’évaluation des risques requise pour étayer la demande d’autorisation d’une opération de drone dans la catégorie spécifique.

Dans cet article, nous vous en dirons davantage sur la méthodologie derrière la SORA et sur la manière dont elle peut vous aider à mettre en place un manuel d’exploitation pour votre opération de drone.


Le concept d’exploitation (ConOps)

La première étape du processus SORA consiste à décrire le concept d’exploitation (#ConOps) de l’opération de drone que vous souhaitez réaliser. Ce ConOps vous oblige à recueillir et à fournir des informations techniques, opérationnelles et humaines suffisantes relatives à l’usage prévu du UAS. Le ConOps ne doit pas seulement décrire votre opération, mais aussi donner un aperçu de la culture de sécurité opérationnelle de l’organisation.

En pratique, vous devrez décrire qui, quoi et où concerne l’opération que vous envisagez de réaliser. Pour cela, vous aurez besoin d’informations sur le drone et les équipements de support qui seront utilisés, vous devrez savoir qui pilotera le drone (et quelles sont ses qualifications), comment l’organisation s’assurera que l’opération est menée en toute sécurité et où l’opération aura lieu (par ex. la classification de l’espace aérien et la zone qui sera survolée).


Déterminer la classe de risque au sol (GRC)

Le risque au sol du UAS correspond au risque non atténué qu’une personne soit heurtée par le drone (en cas de perte de contrôle) et est représenté dans la SORA par onze classes de risque au sol (#GRC). La GRC initiale est dérivée uniquement des dimensions et de l’énergie cinétique du drone, du type d’opération (#VLOS ou #BVLOS) et du scénario opérationnel (opérations au-dessus d’une zone non peuplée ou peuplée, si la zone est contrôlée ou si la zone inclut un rassemblement de personnes).

Le risque non atténué qu’une personne soit heurtée par le UAS peut être contrôlé et réduit au moyen de mesures d’atténuation. Cela peut, par exemple, être fait en mettant en place un plan d’intervention d’urgence efficace (#ERP). Il est également possible de réduire la GRC en limitant l’effet de l’impact au sol du drone par l’installation d’un parachute de secours. Une troisième option consiste à mettre en place des dispositifs techniques de confinement efficaces (par ex. un géorepérage actif).

Chaque mesure d’atténuation des risques (ou son absence) vous fournit un facteur (+1 à -4) qui peut être ajouté à la GRC initiale afin de déterminer la classe finale de risque au sol. Lorsque la GRC finale est déterminée, l’étape suivante consiste à examiner les risques aériens de l’opération.


Déterminer la classe de risque aérien (ARC)

La classe de risque aérien (#ARC) est une classification qualitative généralisée du taux auquel un drone rencontrerait un aéronef habité dans un espace aérien civil typique. Elle fournit une indication initiale du risque de collision pour l’espace aérien, avant l’application des mesures d’atténuation. L’ARC peut être déterminée en répondant aux questions de l’organigramme SORA concernant l’altitude de l’opération, le fait que l’opération se déroule dans un espace aérien contrôlé ou non contrôlé, qu’elle ait lieu à proximité d’un aéroport et que des zones urbaines ou rurales soient survolées.

L’organigramme vous indiquera quel est l’ARC initial (A - D) pour l’opération envisagée. Cependant, l’ARC est une classification générale, donc vous — l’exploitant — pourriez estimer que la qualification est trop élevée au regard des conditions au sein du volume opérationnel prévu. Si c’est le cas, vous pouvez appliquer des mesures d’atténuation stratégiques et tactiques pour réduire l’ARC.

L’atténuation stratégique consiste généralement en des procédures et des restrictions opérationnelles visant à atténuer le risque en réduisant la fréquence de rencontre du drone, ou le temps d’exposition, avant le décollage. Les mesures d’atténuation stratégiques sont réparties entre celles qui peuvent être contrôlées par l’exploitant (atténuation stratégique par des restrictions opérationnelles) et celles qui ne le peuvent pas (atténuation stratégique par des structures et des règles).

L’atténuation tactique consiste généralement en des mesures appliquées après le décollage et prend la forme d’une « boucle de rétroaction d’atténuation ». Une boucle de rétroaction d’atténuation est un système dynamique utilisé pour réduire le taux de collision en modifiant en continu la géométrie et la dynamique des aéronefs en conflit dans un espace aérien, sur la base d’informations mises à jour sur les conflits entre aéronefs telles que le contrôle du trafic aérien (#ATC), le système d’alerte de trafic et d’évitement de collision (#TCAS), la gestion du trafic sans pilote (#UTM et See and Avoid (VLOS).

La classe de risque aérien peut être réduite en appliquant des mesures d’atténuation stratégiques et tactiques.

Après l’application des mesures d’atténuation stratégiques et tactiques, l’ARC final peut être déterminé. Sur la base de l’ARC final, des objectifs peuvent être définis afin d’empêcher une intrusion dans l’espace aérien adjacent au volume opérationnel. L’ARC final, combiné à la GRC finale, déterminera également les niveaux spécifiques d’assurance et d’intégrité sur la base desquels les objectifs de sécurité opérationnelle sont établis.


Que sont le SAIL et l’OSO ?

Les niveaux spécifiques d’assurance et d’intégrité (#SAIL) sont le paramètre choisi dans la méthodologie SORA pour consolider l’analyse des risques au sol et dans l’air. Le niveau de confiance représenté par le SAIL n’est pas quantitatif, mais correspond à des objectifs auxquels il faut se conformer, à des descriptions des activités pouvant appuyer la conformité à ces objectifs et à des preuves indiquant que les objectifs ont été satisfaits.

Sur la base du SAIL (niveaux I à VI), des objectifs de sécurité opérationnelle (#OSO) sont déterminés pour les barrières et les mesures d’atténuation face à différentes menaces, telles qu’un problème technique avec le UAS, une dégradation des systèmes d’assistance externes, une erreur humaine et des conditions d’exploitation défavorables. Ces OSO décrivent essentiellement les exigences relatives à l’organisation de l’exploitant, au drone et au pilote.

Pour le pilote, des exigences seront définies quant aux niveaux de connaissances et de compétence qu’il doit posséder. Ceux-ci peuvent être obtenus en suivant la bonne formation théorique et pratique au pilotage de drones. Disposer du bon drone et du bon équipement est crucial pour mener une opération sûre ; les OSO décrivent également les exigences relatives à l’évaluation technique du drone, de l’équipement et du service. L’organisation elle-même a besoin d’un manuel d’exploitation conforme à la SORA afin de disposer des procédures adéquates pour réaliser ses opérations de drone de manière sûre et efficace.


Rédiger un manuel d’exploitation conforme à la SORA

Un manuel d’exploitation professionnel est essentiel pour mettre en place une opération de drone sûre et efficace. Chez AirHub, nous avons rédigé des manuels d’exploitation pour de nombreuses organisations différentes dans divers secteurs. Et bien que chaque organisation et chaque opération de drone soient différentes, nous avons identifié un certain nombre d’éléments indispensables pour un manuel d’exploitation conforme à la SORA.

Un manuel d’exploitation professionnel est essentiel pour mettre en place une opération de drone sûre et efficace.

La première exigence consiste à veiller à ce que votre manuel soit correctement structuré afin de distinguer clairement les informations générales de vos procédures d’exploitation et des autres sections. Chez AirHub, nous utilisons pour cela un format dérivé des manuels aéronautiques traditionnels. Il est également important de décrire clairement l’organisation derrière votre opération de vol et les responsabilités attribuées. Une troisième exigence consiste à fournir suffisamment d’informations techniques sur les drones, les équipements et les services utilisés pour votre opération, ainsi que sur les exigences de maintenance qui s’y appliquent.

Le cœur de votre manuel d’exploitation sera constitué des procédures qui devront être appliquées par votre personnel. Il est très important de développer des procédures opérationnelles standard (#SOPs) claires et faciles à utiliser pour toutes les actions, de la planification des vols au traitement des données après le vol. Vous devrez vous assurer que toutes les mesures d’atténuation découlant de vos analyses SORA sont intégrées dans vos procédures normales, anormales et d’urgence.

La dernière exigence consiste à fournir à votre personnel toute la documentation nécessaire pour effectuer une mission. Assurez-vous qu’il dispose d’un accès facile à toutes les listes de contrôle, formulaires, etc. Un système professionnel de gestion des opérations de drones vous fera économiser beaucoup de temps et d’argent à ce sujet.


Comment AirHub peut aider

Chez AirHub, nous avons accompagné de nombreuses organisations dans divers secteurs pour mettre en place une opération de drone sûre, efficace et conforme. Contactez-nous pour bénéficier de l’expérience et de l’expertise de nos consultants. Ils vous guideront dans l’application de la méthodologie d’analyse des risques SORA et dans la mise en place d’un manuel d’exploitation spécifique à votre opération. Et avec notre plateforme AirHub Drone Operations Management, vous pourrez obtenir une vue d’ensemble complète de votre opération de drone.